Jacques Attali

jacques attali 22Après un lycée huppé du XVIe, Il fait polytechnique et l'ENA, puis il devient l'expert en économie des socialistes.

Il est le conseiller spécial de François Mitterrand dès 1981, avec qui il collabore depuis 1973.


Il est l'artisan de la rigueur et de la conversion des socialistes au libéralisme. Dès 1982, après une politique de nationalisation intense, les socialistes au pouvoir décident la rigueur suivant les conseils d'Attali. Selon lui, il faut arrêter la relance économique par le soutien à la consommation (hausse des salaires...) et libéraliser l'économie. Ce sera fait.

 

En 1973, avec d'autres économistes et polytechniciens, il crée l'IRIS, dont la mission assumée est d'ouvrir la gauche à l'économie. Cette boite à idées a pour objectif de rapprocher les économistes néo-libéraux et marxistes. Elle est financée par le ministère de l'industrie (de droite) et la DGT (ancêtre de France télécom, à l'époque une émanation directe du ministère des communications, donc de droite.) Les participants à ce groupe sont de futurs grands patrons et des futurs hauts-fonctionnaires, mais aussi Erik Orsenna (l'écrivain, qui soutiendra toujours Attali, coûte que coûte.)

L'IRIS prévoit les nationalisations des banques pour pouvoir contrôler le système bancaire et financer l'investissement. Mais le but était aussi de renflouer les entreprises avant de les rendre au secteur privé.

Le but de l'IRIS était de "casser les salaires pour créer un capitalisme modèle." C'est ainsi que la gauche socialiste est devenue néo-libérale. (avec la libéralisation des marchés effectuée par Delors et Attali un peu plus tard.)


En 1991, il prend la tête de la BERD, une banque chargée d'accompagner les pays de l'Est vers l'économie de marché, après la chute du mur de Berlin. Attali profite de son poste pour effectuer des vols en avion à usage personnel sur le compte de la banque, dépenser 6 millions de francs en marbre pour le hall d'entrée, s'octroyer des revenus mirobolants...


Il crée en 1999 l'association Planet finance qui surfe sur le micro-crédit. Il est soutenu financièrement par des banquiers à titre personnel, la banque Dexia, Capgemini, et Orange. C'est que cette association doit vraiment être philantropique pour que tous ces gens veuillent l'aider.

Grâce à sa société A&A (Attali et associés), il peut offrir ses services à des dictateurs africains : Mobutu, Omar Bongo, Denis Sassou Nguesso. Il facture par exemple à ce dernier 10 millions de francs pour installer le micro-crédit au Congo Brazzaville. Que le pays soit pillé par tout un tas de milices au même moment, et que Sassou Nguesso ait fait tué des milliers de civils par ses miliciens n'a pas l'air de le déranger beaucoup. D'ailleurs, un peu avant, toujours sous le prétexte du micro-crédit, il travaille au service de Pierre Falcone (célèbre marchand d'arme ayant défrayé la chronique) en Angola en pleine guerre civile. Pour cela, il est mis en examen pour recel d'abus de biens sociaux et traffic d'influence, mais pas encore jugé.


Avant la crise, il remet à Sarkozy (dont il est l'ami) un fameux rapport dans lequel il préconise moins d'état, plus de liberté aux marchés financiers, l'émergence des fonds de pension...

Lorsque la crise éclate, il soutient qu'appliquer son rapport fera sortir plus vite de la crise.

Mais aujourd'hui, il va sur tous les plateaux de télé et de radio pour recommander la régulation des marchés!

Beau retournage de veste, mais quand le vent souffle trop fort, il faut savoir le suivre!

 

Sources et approfondissements :

- l'histoire secrète du patronat français, éditions La découverte (voir l'article sur Ah Bon ?)

- Jacques Attali, magicien sur le site du monde diplo (voir l'article)

- Le procès de Jacques Attali sur le site du plan B (voir l'article)

- La page Wikipédia.