Adoption à l'étranger : l'autre pillage du Tiers-monde.

Publié le par Romain sur Ah Bon ?

Quand on parle d'adoption, rare sont les voix dissonantes. L'opinion de presque tous pourrait se résumer à ces quelques phrases :

« On est obligé de se tourner vers d'autres pays car il n'y a pas assez d'enfants adoptables en france. »

« Adopter un enfant du Tiers-monde, c'est le sauver de la mort ou de conditions de vie atroces. »

« Adopter un enfant, c'est lui permettre d'avoir des parents. »

 

Pourtant, il s'avère que ces assertions sont la plupart du temps fausses. Ah Bon? apporte des précisons.

 

Quelques chiffres.

Il y a environ 10 000 demandes d'agrément (en vue d'adopter) par an en France. En 2007, près de 8 500 agréments ont été délivrés. 80% des enfants adoptés viennent de l'étranger (soit 3 162 pour 2007.)

 

La situation en France.

Certes la demande d'adoption excède le nombre d'enfants adoptables en France, cependant, pour avoir un enfant jeune, bien portant, non handicapé et sans frères et sœurs, de nombreuses personnes se tournent vers l'étranger alors qu'il existe des enfants non adoptés en France.

En 2007, 2312 enfants étaient pupilles de l'État en France, c'est à dire potentiellement adoptables. Pourtant, seul 36% ont été adoptés, donc près des 2/3 ne l'ont pas été, et pour plus de la moitié d'entre eux (56%), à cause de leurs caractéristiques (état de santé, handicap, âge élevé ou enfants faisant partie d’une fratrie.)

 

La situation à l'étranger.

Toujours en 2007, 3162 enfants ont été adoptés à l'étranger. Seulement 42% l'ont été par l'intermédiaire d'organismes d'adoption agréés (OAA) par l'État. 37% ont été adoptés de manière individuelle, c'est à dire en dehors de toute convention, garanties qui permettraient de s'assurer que ses enfants n'ont pas été enlevés, achetés, qu'ils ont été préparé à être adoptés. Seulement 28% des enfants adoptés venaient de pays signataires de la convention de La Haye qui permet de s'assurer de tout cela. Les pays les plus gros fournisseurs d'enfants (Haïti, le Vietnam, la Colombie) ne sont pas signataires de la convention de La Haye.


Adoption simple ou adoption plénière.

Dans les pays grands pourvoyeurs d'enfants adoptés (Haïti en tête), rares sont les enfants orphelins. En réalité, les parents supplient les dispensaires de les prendre parce qu'ils n'arrivent pas à subvenir à leurs besoins et qu'ils sont donc en danger (Au passage, ce sont les pays occidentaux qui sont responsables de la pauvreté de ces populations, par le pillage organisé de leurs ressources et l'installation de gouvernants douteux mais acquis à leur cause.)

Mais il existe 2 sortes d'adoptions : l'adoption simple (qui peut être annulée et qui conserve le droit de filiation des enfants vis à vis de leur famille d'origine) et l'adoption plénière (qui romps le lien familial avec aucune possibilité de retour en arrière). Bien souvent, les familles qui veulent confier leur enfant ne sont pas clairement mises au courant des conséquences, et c'est presque toujours l'adoption plénière qui est appliquée, car les organismes privilégient les adoptants et non les adoptés. Sous prétexte de sauver un enfant de la mort (ce qui est loin d'être toujours le cas), on privilégie le droit d'avoir un enfant sur le droit des enfants à conserver leurs liens familiaux. Mais c'est bien « naturel » puisque les parents sont riches et les enfants sont pauvres.

 

Sources : http://www.adoption.gouv.fr/Chiffres-cles.html

                 http://www.unicef.org/haiti/french/protection_10388.htm

 

Publié dans Société

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sandrine 06/12/2010 12:46


Les parents biologiques ne sont pas forcément de vrais parents, mais, par contre, ne vous en déplaise, l'adoption est une vraie famille. En ce qui concerne la création de l'identité et d'une pseudo
nécessité de connaître ses origines, je dois constater que beaucoup d'enfants vivant avec leur famille biologique n'arrivent pas à s'identifier à leur géniteurs. Beaucoup d'enfants biologiques ne
sont pas aimés par leurs parents biologiques et ce n'est pas une question de richesse et de pauvreté. Beaucoup de centres d'enfants en difficulté, qui sont en rupture familiales, existent en
France... Je pense aussi qu'il faut arrêter de vouloir maintenir des liens de sang à tout prix et de vouloir dire à un enfant ce qui est bien pour lui pour maintenir une idéologie basée sur les
gènes !


Romain sur Ah Bon ? 06/12/2010 15:29



En répondant à ce commentaire, je répond aux trois commentaires envoyés par trois personnes différentes mais en moins de 20 minutes d'intervalle et qui disent exactement la même chose. (bizarre
tous ces gens qui disent la même chose en même temps alors que le dernier commentaire sur ce sujet date du 22 juillet).


Je relève dans ces coms le même argument : beaucoup de parents biologhiques sont de mauvais parents alors que les parents d'adoption sont eux de bons parents. Et une attaque : Vous privilégiez le
droit du sang sur celui "de l'amour".


Tout d'abord, mon article dénonce le système de l'adoption dans les pays du tiers-monde et non les personnes qui adoptent. Je ne stigmatise personne en particulier, mais un système qui participe
du néo-colonialisme. Je n'ai donc aucune "hargne" pour les couples qui adoptent.


En revanche, je trouve douteux cet argument selon lequel les parents biologiques seraient souvent de mauvais parents, au contraire des parents adoptants qui seraient le plus souvent, de bons
parents. D'abord, ceci ne s'appuie sur rien de concret (contrairement à toutes mes données chiffrées) puisque ce sont des jugements de valeur, mais surtout, ça sent le racisme : Les parents des
pays du tiers-monde seraient intrinsèquement de mauvais parents, alors que les parents adoptants, parce qu'ils ont un désir d'enfant et peut-être aussi parce qu'ils sont occidentaux, eux seraient
obligatoirement de bons parents.


On peut épiloguer des heures sur tel ou tel cas particulier, il n'en reste pas moins que pleins d'enfants français ne sont pas adoptés, parce qu'ils ne correspondent pas au rêve d'enfant des
adoptants, et que d'autre part, ce système généralisé d'adoption dans les pays du tiers-monde démontre le caractère néo-colonialiste de nos sociétés occidentales.



Ficherand 06/12/2010 12:38


Un enfant a droit à une famille. Ce n'est pas son intérêt de vivre dans un orphelinat, même si celui-ci se trouve dans son pays de naissance. Un enfant a besoin de bras qui l'entourent. Arrêtez
avec cette primauté du lien de sang qui ne veut rien dire. Heureusement, des enfants adoptés sont très bien dans leur peau et sont heureux d'avoir pu intégrer une nouvelle filiation. Vivre avec des
parents biologiques n'est pas toujours la panacée et ce n'est pas une fin en soi de dire : "c'est bien pour lui, car il vit avec ses "vrais" parents. C'est n'importe quoi, car vivre avec des
parents biologiques n'est pas toujours une source de bonheur. En ce qui concerne des parents riches qui adoptent des enfants pauvres, il faudrait quand même que votre hargne ne vous rende pas
aveugle. Vivre en orphelinat détruit un enfant psychologiquement et physiquement. De plus, même des personnes aisées peuvent abandonner un enfant. Vous savez très bien que l'on est pas obligé
d'aimer son enfant biologique. Aider les familles pauvres et une nécessité, mais l'abandon n'est pas qu'une question de pauvreté. Renseignez vous un peu. Si des enfants regrettent d'avoir été
adoptés, ce n'est pas une généralité (ils auraient dû d'ailleurs rester en orphelinat !). Je sais en tout cas que l'on peut regretter les parents biologiques que l'on a et que l'on doit supporter
toute notre vie.
o


Romain sur Ah Bon ? 06/12/2010 15:29



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Satorneau 06/12/2010 12:29


Décidément, vous ne comprenez pas que des parents biologiques n'en ont rien à faire de leurs enfants.


Romain sur Ah Bon ? 06/12/2010 15:30



Voir la réponse faite à Sandrine



mag 22/07/2010 20:11


WWWWWWWWWWWWAHOOUUUUUU j'suis le prem's commentaire!!!!


mag 22/07/2010 19:46


Si tu veux sauver un enfant aide ses parents!
Je vois tellement d'enfants adoptés dans les foyers de l'enfance, parce qu'à un moment c'est difficile d'avancer quand on ne sait pas d'où on vient... Et le petit noir devient grand, et oh,ça ne se
passe pas très bien je comprend pas, on lui quand même offert tout ce qu'on a, bien plus que s'il était resté chez lui... c'est bizarre quand même?